Doctorats
Thèses en cours
Le cinéma : un art au musée. Acquisition et exposition d’œuvres cinématographiques dans deux institutions pionnières : le Museum of Modern Art (New York) et le Centre Pompidou (Paris) [titre provisoire]
Sous la direction de Julie Bawin (ULiège).
À travers l’étude des acquisitions et expositions d’œuvres cinématographiques perpétrées au Museum of Modern Art et au Centre Pompidou, l’idée de cette thèse est d’expliquer les origines, enjeux et effets de cette muséalisation du cinéma. Ces recherches viseront à retracer l’histoire évolutive de la présence du film de cinéma au musée au musée d’art, en se penchant particulièrement sur les effets qu’a pu générer une telle considération du médium filmique dans ces institutions, notamment quant au statut progressivement conféré à celui-ci ainsi qu’à certains cinéastes, dès lors valorisés comme des plasticiens.
Apprendre l'art contemporain dans le secondaire : quels obstacles ? [titre provisoire]
Sous la direction de Julie Bawin (ULiège).
En construction.
Frontières et porosités entre Art Brut et art contemporain. Expérience de pollinisation d’une École Supérieure des Arts par deux ateliers de création pour artistes neuroatypiques [titre provisoire]
Sous la direction de Julie Bawin (ULiège) et de Catherine Warmoes (École Nationale Supérieure des Arts Visuels de La Cambre).
L’Art Brut est un concept né en 1945 pour décrire les créations plastiques produites par des autodidactes et éloignées de tout ancrage issu de la culture. Depuis les années 1970, la présence de celles-ci au sein de manifestations dédiées à l’art contemporain s’est étendue. Ce phénomène d’institutionnalisation entraine une redéfinition de l’Art Brut, dont les réalisations n’étaient initialement pas destinées à être exposées. Malgré une porosité croissante entre les lieux d’Art Brut et les institutions d’art contemporain, ces œuvres rencontrent toujours une résistance dans leur parcours vers davantage de légitimité. À cette situation s’ajoute une seconde mutation: les ateliers de création pour artistes neuroatypiques sont devenus le nouveau « vivier » de l’Art Brut, contribuant à modifier en profondeur ses modes de production en s’opposant au principe d’autodidaxie qui l’avait régi jusqu’alors.
Cette thèse vise à documenter les changements de paradigme survenus au sein de l’Art Brut et à proposer une expérience capable de rendre tangible la pollinisation entre les institutions dédiées à l’art contemporain et la création brute. Pour ce faire, l’École Supérieure des Arts qui accueille notre recherche (ENSAV La Cambre), lieu de fabrique de légitimité mais aussi d’utopie, est envisagée en tant qu’espace « hétérotopique ». La coconstruction de workshops avec des étudiant·es en art et des artistes neuroatypiques issu·es de deux ateliers de création (Créahm Bruxelles et Ateliers Indigo) a pour objectif d’amener les institutions dédiées à l’art légitime à se construire en tant que lieux autocritiques et inclusifs. À la croisée des sciences humaines, sociales et de l’éducation, cette recherche interdisciplinaire vise à essaimer par le biais de la création d’une plateforme open source, d’un guide pratique, de podcasts, d’une exposition et d’un symposium.
Rejouer le passé, questionner le présent. Le reenactment des expositions d'art moderne et contemporain des années 1960 à nos jours ? [titre provisoire]
Sous la direction de Julie Bawin (ULiège).
Au cours de ces dernières décennies, certaines expositions ayant marqué l'art du XXe siècle se sont vues recréées au sein d'institutions muséales et culturelles. Par l'examen d'un corpus constitué d'expositions d'art moderne et contemporain qui, depuis les années 1960, ont restitué au public l'expérience d'un événement artistique jugé exemplaire, cette thèse questionne les raisons de cet intérêt pour le phénomène de reenactment d’expositions tout en éprouvant l'influence d'une telle pratique sur l'exposition elle-même, sur l'historicité des œuvres et des objets qui la composent et sur l'évolution des pratiques muséales. Ainsi, cette thèse envisage ce phénomène comme le symptôme d'une possible patrimonialisation du médium exposition tout en interrogeant les notions de reproductibilité et d'authenticité de l'exposition et des œuvres qu'elle (re)donne à voir.
Musée, décolonisation et fabulation critique : l’artiste contemporain face aux archives (manquantes) de l’esclavage [titre provisoire]
Sous la direction de Julie Bawin (ULiège) et de Mélanie Boucher (Université du Québec en Outaouais).
Alors que les débats sociaux autour de la décolonisation du musée prennent une ampleur significative dans le milieu de l’art, l’institution muséale semble s’approprier, dans ses expositions de collections, les théories postcoloniales. Pour preuve, à l’automne 2021, le MoMA inaugurait Critical Fabulations. Ce titre est une référence directe à la pensée de l’historienne Saidiya Hartman. Marchant sur les traces de la chercheuse, l’exposition tentait de « répondre aux limites des archives » en proposant un récit nouveau de l’esclavage.
L’histoire de l’esclavage a constitué « une source d’interrogation créatrice » pour des générations d’artistes noirs qui se sont attelés à faire émerger une contre-visualité permettant de questionner la place des corps et identités minorées dans l’art et dans l’histoire. C’est dans cette filiation que viennent s’inscrire les deux artistes qui seront au cœur de notre recherche, à savoir, l’Américaine Simone Leigh et la Canadienne Deanna Bowen. Cette thèse a pour principal objectif d’interroger l’influence de la pensée critique afrodiasporique sur les pratiques muséales, plus particulièrement les pratiques d’exposition, de collectionnement et d’archivage.
Reconnaissance et artification du tatouage depuis les années 1960 : enjeux et problématiques en histoire de l’art. [titre provisoire]
Sous la direction de Julie Bawin (ULiège).
À partir d’une approche interdisciplinaire alliant histoire, philosophie et sociologie de l’art, ce projet tend à investiguer les phénomènes de reconnaissance et d’artification du tatouage qui impactent la pratique depuis la fin des années 1960. À travers l’examen d’un corpus d’objets et d’expositions, il s’agira de questionner la labilité des frontières entre les arts dits « majeurs » et « mineurs » et d’éprouver le concept d’artification tel qu’il est défini par les sociologues Nathalie HEINICH et Roberta SHAPIRO.
La reconnaissance du tatouage comme pratique artistique passant presque systématiquement par la voie de l’anthropologie, ce travail ambitionne également d’analyser le rapport dialectique qu’entretiennent l’histoire de l’art et l’anthropologie. Interroger ce glissement d’un « régime de valeur » à un autre offrira la possibilité de convoquer des notions et des méthodes propres à l’histoire de l’art qui manquent à l’étude d’un tel sujet, pourtant bien représenté dans le monde de l’art contemporain avec des artistes comme Timm Ulrichs, Valie Export, Ulay, Santiago Sierra ou encore Wim Delvoye.
ARTPRESSE – étude intermédiale de l’art belge en tant que réseau structuré, à travers la loupe des magazines de masse dans la période de l’entre-deux-guerres.
Sous la direction de Julie Bawin (ULiège).
ARTPRESSE est un projet de recherche et de numérisation financé par le programme cadre BRAIN-be 2.0 de la Politique scientifique fédérale belge, coordonné par KBR via son département de numérisation, et mené en collaboration avec ULiège et KULeuven. Il vise à analyser et numériser un corpus de magazines belges des années 1920 et 1930 – période durant laquelle leur nombre accroît et leur forme évolue significativement, préfigurant les mass medias à venir –, contribuant ainsi à la valorisation et la diffusion de ce matériel inédit conservé à KBR. Dans cette optique, les titres numérisés viendront enrichir l’offre déjà disponible en ligne de la bibliothèque et seront consultables sur le portail BelgicaPeriodicals ainsi que la base de données Europeana.
Les magazines étudiés sont des hebdomadaires illustrés de type général, à la fois supports d’information et de distraction. Ils se distinguent des journaux quotidiens et autres périodiques par la variété de leurs sujets, abordés à travers des reportages et des rubriques faisant la part belle aux photographies et aux publicités. L’objectif poursuivi par la recherche est de montrer comment l’art est reçu et représenté par ce média, en accordant une attention particulière aux réseaux et relations entre artistes, auteurs et éditeurs, ainsi qu’aux transferts entre presse généraliste et spécialisée. Ceux-ci constitue en effet une précieuse source de documentation nous permettant d’appréhender autrement l’émulation et la production artistique de cette époque alors en pleine mutation.
Dans les coulisses du Parlement fédéral : la constitution de la collection d'art du Palais de la Nation (circa 1848-2008). [titre provisoire]
Sous la direction de Julie Bawin (ULiège).
En construction.
Thèses défendues
2024 - 2025
Art contemporain et mémoire coloniale en Belgique (1960-2025) : regards d'artistes sur l'héritage de la colonisation du Congo.
Sous la direction de Julie Bawin (ULiège).
Depuis les années 1990-2000, en Belgique, l’histoire de la colonisation a fait l’objet d’un regain d’intérêt significatif parmi les débats publics et la mémoire collective. Ce « retour » du passé colonial a trouvé des prolongements dans divers domaines – académique, sociétal, politique, associatif, etc. –, mais a également investi le champ artistique. La présente thèse propose d’examiner l’évolution du regard porté par les artistes contemporains sur la mémoire coloniale en Belgique, depuis le temps de l’indépendance du Congo en 1960 jusqu’à nos jours. En se concentrant sur la spécificité du contexte belge en période post-coloniale et sur le registre de l’art contemporain, il s’agit de montrer comment cet héritage a été abordé et réactivé par les artistes, ces derniers participant de la sorte à sa relecture critique. Ainsi, à travers l’analyse d’un corpus d’œuvres d’art et d’expositions se référant à l’histoire de la colonisation belge du Congo, la thèse met en lumière les différentes méthodes de (ré)appropriation, de transmission et de (ré)interprétation employées par les artistes. Elle met en outre en évidence la façon dont l’art contemporain peut constituer à la fois un puissant vecteur de transformation mémorielle et un outil critique de réflexion, de contestation et de reconfiguration des récits historiques dominants. Retraçant l’émergence et l'évolution de ces questionnements autour de la mémoire coloniale en Belgique, en particulier dans le monde de l’art, la thèse explore une série de pratiques artistiques et de concepts variés, tels que la postcolonialité et la décolonialité dans le milieu artistique et le champ muséal, le tournant archivistique dans l'art contemporain, la position centrale de l’« artiste en chercheur » ou en « historien », ainsi que les enjeux liés à la décolonisation de l’espace public, entre autres. En phase avec les débats actuels sociétaux et scientifiques sur l’héritage et la mémoire de la colonisation en Belgique, la thèse de doctorat permet dès lors d’apporter une nouvelle perspective à ces diverses réflexions, résolument ancrée du point de vue de l’histoire de l’art.
